L’accueil durable et bénévole en 7 questions
Parmi les possibilités d’accueils familiaux des enfants placés, l’accueil durable et bénévole (ADB) intéresse désormais de plus en plus de professionnels et de personnes qui souhaiteraient s’engager auprès d’un enfant. Ce dispositif, piloté par le conseil départemental, a pour objectif de permettre à l’enfant de vivre durablement dans une famille sans rompre sa filiation.
Cette fiche, proposée par la cellule Accueil durable et bénévole d’Enfance & Familles d’Adoption apporte quelques repères pour les professionnels et pour les personnes qui s’interrogent sur un tel accueil.
L’accueil durable et bénévole : pour quels enfants ?
- enfants placés en accueil provisoire (choix de l’ADB – parfois appelé tiers administratif – en accord avec le ou les parents répondant ainsi aux besoins de leur enfant tout en conservant leur autorité parentale et une part d’éducation)
- enfants bénéficiant d’une délégation totale d’autorité parentale au département : le département déléguera les actes usuels (actes quotidiens qui permettent la prise en charge d’un enfant au jour le jour : aller chez le coiffeur, acheter des vêtements, accompagner aux activités de loisir…) à l’accueillant
- enfants bénéficiant d’une tutelle départementale (majoritairement mineurs non accompagnés)
- enfants pupilles de l’État sous la tutelle du Conseil de famille
L’accueil durable et bénévole : pourquoi ? avec quelles motivations ?
Pour répondre aux besoins des enfants et leur permettre de :
- avoir un lieu d’ancrage le plus précoce possible
- appartenir à une communauté
- vivre l’expérience d’être désiré et attendu quelque part
- susciter l’intérêt d’un adulte sans contrepartie financière
- bénéficier d’un attachement qui dure dans le temps, sans contrepartie financière
- vivre comme les autres, en famille, avec des adultes qui peuvent travailler par ailleurs
- avoir un environnement stable.
Du côté des accueillants, c’est :
- s’engager pour un enfant, le soutenir dans son projet d’avenir et dans sa construction, prendre une place dans un temps long
- vivre des expériences qui vont ancrer le lien et créer l’attachement
- s’ouvrir à un autre qui a une histoire de vie singulière et des repères différents
- protéger un enfant des ruptures de parcours
- partager un lien affectif et éducatif avec d’autres
- éduquer, avec d’autres, un enfant tout en étant présent pour lui au quotidien
- expérimenter le partage dans l’intérêt de l’enfant, qui bénéficie ainsi d’une stabilité éducative
- ouvrir sa famille à un enfant en attente, en tenant compte de son passé et de ses attachements.
L’accueil durable et bénévole : comment ?
L’accueil durable et bénévole peut être mis en place :
- soit par les départements directement (via un service spécifique de l’ASE) ;
- soit par délégation à un opérateur (qui a parfois d’autres missions : tiers digne de confiance ou parrainage).
Il faut tout d’abord chercher des accueillants possibles dans l’environnement de l’enfant, et, en l’absence, ouvrir la recherche à la société civile.
L’accueil durable et bénévole : quel processus d’accueil ?
Quelle temporalité ?
Souvent quelques heures au début dans un lieu neutre, puis accueil à domicile en journée, un week-end, puis régulièrement, puis vacances, parfois accueil complet, mais pas forcément…
- Pour un enfant jeune, on évitera des périodes d’ajustement trop longues afin de favoriser la stabilité.
- Pour un enfant plus grand, on pourra privilégier la complémentarité entre son accueil (assistant familial ou foyer) et l’apport de l’accueil durable et bénévole. Il sera aussi possible de faire évoluer un parrainage en accueil durable et bénévole afin de créer du lien et de se permettre d’essayer « sans pression de résultat ».
L’accueil durable et bénévole bénéficie d’un accompagnement des services du département ou de l’opérateur. Les parties signent un contrat d’accueil, définissant les rôles de chacun et l’accompagnement possible.
Un dispositif qui peut évoluer
Tout comme le parrainage, l’ADB est un dispositif qui peut évoluer, même si sa vocation initiale est d’être, comme son nom l’indique, durable. Il est évalué chaque année et peut s’arrêter ou prendre d’autres chemins tels que l’adoption, si toutes les conditions sont réunies, ou (re)devenir du parrainage.
Tout le travail préalable de conférence familiale, de bilan médico-social est primordial afin d’évaluer les besoins de l’enfant, l’évolution possible de son statut et trouver les accueillants les mieux adaptés, préparés face à sa situation, et dont le projet « matche » avec le profil. Il faut donc un panel large d’accueillants potentiels, avec des profils variés.
L’accueil durable et bénévole : quel accordage ?
Chaque situation est unique et demande un accompagnement important afin de trouver le meilleur accueil, adapté au projet de chacun.
- Lorsqu’une procédure de délaissement parental est envisagée, il est possible d’anticiper en trouvant une famille ADB, qui pourrait éventuellement devenir par la suite une famille par adoption.
- Certains enfants ne souhaitent pas être adoptés, même si légalement c’est possible, tout en souhaitant avoir des liens forts avec d’autres adultes.
- Lorsque les parents sont présents sans toutefois vivre au quotidien avec l’enfant, de nouveaux attachements doivent être recherchés pour lui. Il s’agit alors de trouver une famille qui veut proposer un accueil bénévole dans la durée, sans chercher à créer un lien de filiation.
L’accueil durable et bénévole : quels suivis ?
Répondre aux questions
L’opérateur ou les services départementaux sont présents ensuite pour répondre aux questions des accueillants, pour suivre l’enfant et aider à l’orientation selon les besoins identifiés (médicaux, psychologiques, etc.), régulièrement au début et sur demande ensuite, comme c’est le cas pour les assistants familiaux rémunérés.
Les liens avec les personnes qui comptent pour l’enfant
Les liens avec les autres personnes qui ont compté pour l’enfant peuvent être maintenus si tel est son intérêt (par exemple, l’assistant familial et sa famille qui l’avait accueilli précédemment, la fratrie, des grands-parents…). Néanmoins, le plus souvent, le choix de l’accueil durable et bénévole est fait justement parce qu’il n’y a personne dans l’environnement de l’enfant, surtout si ce dernier est jeune.
Des rencontres entre accueillants
Les opérateurs organisent également des rencontres entre accueillants pour leur permettre d’échanger sur leurs expériences. L’accompagnement peut aussi être d’ordre administratif (autorisations, démarches nécessaires pour le quotidien tels que scolarité, activités, voyages…).
L’accueil durable et bénévole : quel soutien financier ?
L’accueil est bénévole, les accueillants peuvent donc maintenir leur activité professionnelle.
Ils reçoivent une indemnité reversée pour les besoins de l’enfant (définie par chaque département) comme tout enfant confié à l’Ase. Pour d’autres questions plus précises (droit à congés, impôts, tarifs cantine ou centre de loisirs, représentant parent d’élèves…), se rapprocher des associations et opérateurs.
Pour aller plus loin
- « Accueil durable et bénévole : faire famille autrement »: une conférence organisée par EFA accessible en replay
- Prochainement sur ce blog : des capsules vidéo de témoignages !
- Contact cellule ABD d’EFA : adb@adoptionefa.org



