Ostéopathie et émotions

Entretien avec Philippe Lecuyer, ostéopathe

Philippe Lecuyer intervient à Paris et à Caen auprès d’enfants et d’adultes, notamment des sportifs de haut niveau, des dirigeants d’entreprise et des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Ostéopathie et émotions : quel rapport ? Le postulat de Philippe Lecuyer, qu’il considère non pas comme une vérité mais comme une réalité clinique : « Les choses partent du corps et passent par le corps. L’émotion, c’est du corps ! » Il ajoute : « Je suis un praticien du corps, donc un praticien des émotions. » Sa pratique s’appuie sur une solide formation scientifique et quarante ans d’expérience, avec en ligne de mire le bien-être de la personne.

ostéopathie et émotions

Propos recueillis par Valérie Gosseaume

Comment votre parcours vous a-t-il amené à lier ostéopathie et émotions ?

Le début de mon travail manipulatif a pris sa source en 1984. À une époque où l’ostéopathie ne bénéficiait pas d’un enseignement universitaire, j’ai ensuite été un des fondateurs de la plus ancienne école d’ostéopathie de France, qui repose sur un trépied de connaissances : ostéopathie, sciences et médecine. J’ai par ailleurs une solide formation scientifique, que je suis allé « chercher » dans le monde entier au contact d’ingénieurs, de chercheurs, d’universitaires et de thérapeutes. Ça m’a beaucoup inspiré : j’ai un regard clinique mais aussi scientifique. Quand je pose mes mains sur un crâne, par exemple, je sais sur quelle zone du cerveau je vais intervenir, parce que j’ai aussi étudié les neurosciences.

Initialement, j’ai choisi ma profession pour travailler avec des sportifs de haut niveau. Ce point de départ m’a amené à travailler avec des enfants. Quel est le rapport ? me direz-vous. Je me suis beaucoup occupé, comme « soigneur », de gymnastes filles qui arrivent très jeunes à un haut niveau.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans les sportifs de haut niveau ?

La performance ! Prendre en compte des paramètres complexes pour les associer de façon positive. Dans la pratique de l’ostéopathie, on peut être dans la performance pour ses patients. On doit associer des réflexions et des actions autour de complexités comme des situations de vie : des enfants en cours d’adoption, des parents qui souhaitent adopter. Ma réflexion sur ces problématiques-là s’inspire de celle que j’ai sur la performance dans le sport de haut niveau. M’occuper d’enfants gymnastes, les soigner m’a amené à réfléchir sur les résultats que j’obtenais. On me sollicitait pour leurs problématiques physiques et on constatait également des améliorations sur leur état émotionnel, leur comportement, leur gestion du stress.

Quel rapport feriez-vous entre ostéopathie et émotions ? Comment définiriez-vous l’ostéopathie émotionnelle ?

Tout ce qui peut permettre, à un enfant ou à un adulte, de retrouver plus de liberté par rapport à ses émotions pour les vivre de façon harmonieuse. L’émotion peut être le symptôme mais pas obligatoirement : le corps ou l’expression douloureuse du corps peut également être le symptôme, mais à l’interrogatoire ou l’examen clinique, je vais repérer des caractéristiques liées à l’histoire de la personne, je retrouve ainsi dans son histoire des éléments plus ou moins traumatiques qui ont impactés son corps. D’où le lien entre ostéopathie et émotions.

À quel moment avez-vous « intégré » les émotions à votre pratique ?

En fait, elles ont toujours été présentes dans ma pratique et je pensais que c’était normal, mais j’ai réalisé que ça ne l’était pas pour tous les thérapeutes ! Mes premiers constats de réussite en matière d’émotions datent des années 1990, j’ai ensuite érigé une méthode et proposé des soins spécifiques.

Quand je reçois une personne, je lui dis : Je ne vous reçois pas vous en tant que symptôme, mais en tant que personne avec votre histoire de vie. Cela signifie que je prends cette histoire en compte en ne me centrant pas uniquement sur une symptomatique. Ce qui s’exprime est souvent construit depuis longtemps sur des interactions qui se sont faites par étapes. Recevoir la personne et son histoire, c’est aussi être capable de discerner des éléments importants dans la construction du trouble. Par exemple, j’interroge beaucoup les parents – quand on peut avoir l’information – sur les conditions de l’accouchement, de la naissance, de la grossesse… J’essaie d’évaluer le niveau de contrainte appliqué au corps de l’enfant, notamment à son crâne. C’est une étape. Un enfant peut avoir appris à marcher à 9 ou 10 mois mais comme il était précoce, il a pu faire d’énormes chutes, avoir eu des chocs au niveau de la tête.

Et si vous n’avez pas ces informations-là, par exemple pour des enfants adoptés ?

L’essentiel est ce que me dit le corps. Les enfants ne peuvent pas raconter ou plus exactement, ils s’expriment différemment, à partir de leur corps. Une grande partie de mon travail consiste à ne pas être trop influencé par ce qu’on me dit, à accueillir la parole et en même temps à vérifier les choses à partir de l’examen du corps. Mais examiner un corps, c’est accepter de trouver ce qu’on trouve même si cela contredit ce qu’on pensait. Il est important aussi de ne pas avoir d’idées prédéfinies d’une séance sur l’autre : il y a d’une part des attentes, ce pourquoi on a travaillé, et d’autre part, le résultat qu’on obtient. 

Quand une personne vous consulte, lui demandez-vous d’évoquer un peu sa vie ?

J’ai deux niveaux de consultations : un plus symptomatique, beaucoup plus basé sur ma réflexion et mes gestes, et un autre, plus poussé, où l’interaction – avec des échanges verbaux – peut permettre d’approfondir des prises de conscience qui facilitent des libérations sur le plan émotionnel et sur le plan physique. En fonction de ce que ressent la personne ou de la complexité que je peux identifier, on choisit de s’orienter dans une direction ou dans l’autre. Mais ce n’est pas magique ! Le chemin de libération nécessite toujours plusieurs séances.

Pour les enfants confiés, nous nous engageons essentiellement sur des blocs de cinq ou dix séances dites courtes. C’est beaucoup et peu à la fois, au regard de la complexité des symptomatiques qui ont généralement déjà fait l’objet de prises en charge, y compris psychothérapeutiques ou de techniques comme l’EMDR, la sophrologie, l’hypnose… Pour l’approche approfondie dite longue, on instaure un véritable dialogue avec l’enfant ou l’adulte. La séance inaugurale est un temps de partage sur « comment marche ce travail ». Puis, si la personne responsable de l’enfant (parents, tuteur, etc.) approuve cette approche thérapeutique, on réalise un premier bloc de cinq séances. Il s’agit alors de corriger quelque chose sur le plan corporel, qui a une connexion avec le système nerveux. On va donc partir d’un travail physique pour libérer les blocages et harmoniser les tensions. Il s’agit de relancer et pacifier l’énergie issue du système nerveux, afin de réguler les émotions.

De quelles émotions s’agit-il ?

Il est indispensable de permettre la circulation des émotions – de la colère à exprimer, de la tristesse parfois, de la peur –, mais aussi de laisser la possibilité d’exprimer de la joie et de l’amour. On confond souvent émotions et sentiments : l’émotion est toujours de courte durée et c’est un processus libérateur, une manifestation physique et comportementale.

Face à des enfants réticents, j’essaie de comprendre où se situe leur appréhension (peur de l’adulte, d’un homme, d’être touché…). Je leur explique ce qui va se passer et ce que je vais faire. Ma pratique est faite de gestes doux et précis. Avec ces enfants-là, je commence généralement mes séances par une approche crânienne. Pour un enfant qui a des tensions, des peurs ou qui ne se sent pas bien, c’est souvent apaisant, surtout s’il est hypersensible. Les réticences tombent d’elles-mêmes grâce au sentiment de bien-être, par des actions qui agissent concrètement sur le corps, qui vont supprimer des blocages et des tensions. Le système nerveux prend en compte ces libérations, ce qui crée le bien-être et le soulagement.

Quand un enfant vient vous voir, vous travaillez donc d’abord au niveau du crâne ?

D’emblée, ce contact est apaisant. Je le fais pour la symbolique, pour le toucher en douceur, mais aussi parce que cela me fournit immédiatement des informations fondamentales sur ses émotions et son niveau de réactivité sensible. Est-ce que je reçois un enfant « normo-sensible », peu sensible (rare) ou hypersensible (beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense) ? Si un enfant est hypersensible, je sais que tout ce qu’il a vécu va s’inscrire d’autant plus fort. Le corollaire, c’est que mes gestes, à condition qu’ils soient mesurés et proportionnés, vont l’apaiser beaucoup plus vite qu’un autre enfant. Il faut mesurer ses gestes thérapeutiques parce que chez ces enfants ou ces adultes hypersensibles, les informations passent par des canaux nerveux surdimensionnés – ce que je dis est symbolique –, beaucoup d’informations passent en très peu de temps et avec très peu de gestes. Il faut aussi contrôler que ces gestes ont eu les effets attendus.

Cela modifie-t-il le rapport à leur corps que les enfants (ou les adultes) peuvent avoir ?

Oui, parce qu’il y a une découverte de son corps. Nos sociétés, notamment par l’avènement du numérique, nous éloignent de la conscience de notre « matière corporelle ». Les personnes sont étonnées, les enfants aussi, tout d’abord de sentir leur corps à travers mes mains, et ensuite de constater des modifications. À partir du moment où on défait les tensions, le corps fonctionne de façon plus appropriée. Donc, oui, il y a un rapport au corps qui change, une tranquillité, un apaisement qui s’installe.

Quelles sont les principales manifestations somatiques des émotions ?

Il faut distinguer les manifestations corporelles causales et celles qui sont des symptômes. Ce n’est pas aussi clair pour toutes les émotions, mais pour la peur, cela se situe au niveau temporal, à hauteur des oreilles en lien direct avec le cerveau temporal, notamment au niveau de l’amygdale cérébrale. J’examine systématiquement cette zone à la recherche d’un blocage. La plupart du temps, les parents me confirment que l’enfant a des douleurs d’oreille, ou s’il est petit, qu’il n’arrête pas de se toucher, ne supporte pas le passage de la tête quand on lui enfile un vêtement, ou a besoin du contact de sa tête contre le mur pour s’endormir, d’une tétine ou de sucer son pouce, parfois jusqu’à l’âge adulte. Sans le savoir, c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour se soulager un peu, Ensuite, il est intéressant de voir l’état de tension abdominale, sur les organes digestifs, qui réagissent généralement à ce qui se passe au niveau du temporal, avec des intestins très tendus, spasmodiques. Chez les petits, les reflux gastro-œsophagiens ou les coliques peuvent être des symptômes d’atteinte crânienne. Puis les tensions musculaires, dans la musculature dorsale, ce que les adultes connaissent bien quand ils disent qu’ils « en ont plein le dos » !

Ce sont donc plutôt des manifestations de la peur ? Et pour la colère ?

La peur, je vais la chercher. Je regarde le comportement de l’enfant et je questionne. J’ai reçu des enfants qui ne voulaient pas être vaccinés par peur de l’aiguille, de l’inconnu… Il y a la peur du noir, celle d’être seul, la peur quand l’adulte référent n’est plus en contact visuel avec l’enfant. Il y a des phobies. Quand on me parle de peur, j’essaye de voir s’il y a des symptômes. Certains enfants ont peur pour un motif particulier mais on vous raconte aussi qu’ils grimpent partout, font des « cascades » tout le temps, etc. Et je vais trouver des indicateurs de peur complètement discordants, déclenchés à partir du corps.

La colère est toujours le fruit d’une situation injuste ou d’un ressenti d’injustice. Le mécanisme est un peu différent de celui de la peur : souvent la situation a existé, le corps l’a prise en compte et a vu sa texture se modifier dans certaines zones. Il y a une sorte d’empreinte, de mémoire de cette situation et tant qu’elle n’est pas désactivée du corps de l’enfant, il en faut peu pour qu’il se mette en colère.

Comment la désactiver alors ?

Il faut chercher la situation qui a provoqué la colère, ensuite examiner l’enfant, en connaissant les conditions de son équilibre biomécanique : en testant son crâne, la flexibilité et la mobilité de ses organes, les articulations de ses membres périphériques, sa colonne vertébrale, etc. et voir ce qui est dysfonctionnel. Certains enfants vont être très tendus au niveau du haut du corps, et c’est là que se situe la charge de colère, pour d’autres ce sera au niveau du ventre, d’autres encore au niveau du crâne. Pour les enfants en boucle sur des thématiques données, ce sera plutôt la zone frontale du crâne. Tant qu’on ne délivre pas l’enfant de ce blocage frontal, il sera toujours réactif, en colère et ne pourra pas s’en défaire. Le travail expert de l’ostéopathe le permettra.

Et pour la tristesse ?

La tristesse, quant à elle, est en relation avec un « ralentissement circulatoire », comme si les organes étaient sous-oxygénés, y compris le cerveau. Il faut aller chercher les grands réservoirs vasculaires du corps : le crâne pour le cerveau, et l’abdomen, on y revient… L’émotion, c’est de la vascularisation, que ce soit « trop », « pas assez » ou « déréglé ». Il faut faire jouer ces enfants – pas sur un écran ! – pour qu’ils puissent bouger. En dehors du défoulement, cela favorise le cheminement de la pensée et l’implication. D’ailleurs, j’accompagne fréquemment le travail corporel de recommandations au-delà des séances : libérer c’est bien, remettre en action, c’est mieux. Les enfants que je reçois – les adultes aussi – je les fais sauter dans mon cabinet. C’est ludique, ça peut se faire partout ou presque et le ressenti est immédiat. Dans le rétablissement d’une normalité, il faut laisser le temps au cerveau de générer toutes les modifications de façon à ce qu’il y ait une bonne intégration de tous les gestes. C’est aussi pour cette raison qu’on ne peut pas faire les choses en une ou deux séances.

Mes séances sont programmées en fonction des symptômes à traiter mais aussi des circuits que je cherche à sur-activer ou désactiver. Si ces circuits sont profondément inscrits dans le cerveau, les effacer prendra des semaines, voire des mois. Je propose alors un travail en séance dite longue.  Pour certains enfants (et certains adultes), il faut du temps parce que le processus de neuro-correction cérébrale a besoin d’être mis en œuvre et nourri plus longuement. Par différence, une séance courte (20 à 30 min.) sera plus « réflexe » : on « enlève » le blocage et la fonction est rétablie rapidement, quand cela est envisageable.

Pour des sportifs de haut niveau, on imagine plutôt des blessures et un besoin de récupération rapide, non ?

C’est souvent ce pourquoi on me sollicite. Mais j’ai aussi développé depuis plus de vingt ans une approche préventive. Dans ce registre, on peut également intervenir sur le plan des émotions. Pour un enfant qui va bien, ou qui a de petites manifestations de temps en temps, on se dit qu’il n’y a rien. Ces petites manifestations ponctuelles, même si c’est la nature de l’enfant, ne sont-elles pas déjà le début de quelque chose ? Ce n’est pas très compliqué d’examiner un crâne d’enfant ou d’adulte, et d’avoir une évaluation des temporaux. Quand il y a une problématique temporale, il y a forcément un lien particulier avec l’insécurité et la peur, ce qui crée un champ de risques. De la même façon que nous allons chez le dentiste une fois par an, nous devrions tous nous faire vérifier les temporaux régulièrement.

Vous avez évoqué l’insécurité : avez-vous dans votre patientèle des enfants adoptés qui ont des problématiques liées à l’insécurité ?

Il ne faut pas confondre le déclencheur et la cause. Je n’ai pas le sentiment que la situation crée l’insécurité, en revanche, elle la peut révéler. Si l’enfant, en situation d’adoption, manifeste de l’insécurité ou une augmentation de son sentiment d’insécurité, on doit s’interroger sur son fonctionnement au niveau de son crâne et de la gestion, par son cerveau, de ses émotions. Quand on augmente la sollicitation de ces espaces-là, il y a évidemment de l’insécurité. Si le système est défaillant au départ, il ne peut pas supporter cette augmentation d’exigence.

Tout ce qui se passe, y compris pour vous et moi, dépend beaucoup de la façon dont on vit notre corps à l’instant où il reçoit des sollicitations intenses. Le cumul de déséquilibres, la confrontation à une situation « forte » (un décès, des proches souffrants…) peuvent faire franchir un cap. Or si on avait pris le soin de consulter les bonnes personnes pour faire, en amont, ce travail de libération, une sorte d’étape prépathologique, on l’aurait vécu avec beaucoup plus d’aisance. Ça n’annule pas la brutalité de certaines situations, mais si on peut proposer à quelqu’un d’aller mieux, pourquoi ne pas le faire ?

Quels sont vos liens avec d’autres disciplines ?

C’est plutôt au praticien d’expérience que je vais m’adresser pour tenter de faire le point. Quand ça ne se passe pas comme prévu (c’est rare mais ça arrive), alors on « dézoome », on élargit le cadre et on voit qui pourrait intervenir en complément. Par exemple, il y a deux ans, j’ai vu une enfant – que je reverrai prochainement – qui faisait des crises et avait tendance à s’automutiler. Tout cela a beaucoup diminué après que j’ai travaillé avec elle. Sa psychologue référente a émis l’idée de séances d’EMDR, grâce auxquelles cette enfant a encore cheminé. Ce qui compte, c’est le praticien et c’est la même chose pour l’ostéopathie dite émotionnelle. On peut avoir aujourd’hui des résultats utiles sur la gestion des émotions par une approche experte mais je me garderai bien de dire qu’on va la trouver chez tous les ostéopathes.

Quelques mots en guise de conclusion ?

On pense la fragilité du côté de l’enfant mais de nombreux enfants souffrent des projections négatives des adultes. Quand un adulte prend en charge un enfant, il ne peut pas s’empêcher, à son insu, de réagir comme s’il était cet enfant-là. Or, pour ceux qui le souhaitent, un parcours en ostéopathie émotionnelle peut permettre de déprogrammer certaines toxicités liées à leur propre histoire et ainsi d’accompagner les enfants, sans étouffer ou projeter leurs propres peurs. C’est un message important à faire passer.

Deuxième chose : on peut agir ! Ce que j’aime par-dessus tout dans ma profession, c’est pouvoir rétablir des trajectoires plus favorables et avoir cette capacité d’action pour le bien de l’enfant ou de l’adulte.

Enfin, chaque journée de consultation conforte ou bouscule mon ordre établi et m’enrichit. C’est un système d’apprentissage permanent : il y a évidemment un solide socle de certitudes et de compétences qui n’est pas pour autant un dogme, c’est quelque chose de vivant, avec une ouverture à… l’ouverture !

Remerciements à Marie-Laure Bouet-Simon, experte de l’attachement, Ingrid Lefèvre, cheffe de service dans l’Orne, et Sandrine Majorel du service Adoption du Calvados.

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À lire dans la revue Accueil

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